Comment fabriquait-on un livre ?
Comment fabriquait-on un livre ?
Au Moyen Âge occidental, le livre était généralement un manuscrit copié à la main. Le support le plus courant était le parchemin, fabriqué à partir de peaux de mouton, de chèvre ou de veau. La peau était nettoyée, trempée, tendue sur un cadre, puis grattée et séchée afin d’obtenir des feuilles suffisamment fines. À partir du XIIIe siècle, le papier, venu d’Orient par le monde islamique, se diffusa progressivement en Europe, surtout pour les documents et les ouvrages moins luxueux.
La copie et la décoration
Les feuilles étaient pliées et assemblées en cahiers. Le copiste traçait d’abord les lignes et les marges, puis transcrivait le texte avec une plume taillée, généralement à l’encre noire ou brune. Les corrections pouvaient être ajoutées dans les marges ou entre les lignes. Dans les manuscrits richement décorés, d’autres artisans intervenaient ensuite : rubricateurs pour les titres et les initiales colorées, enlumineurs pour les images, et parfois peintres spécialisés dans l’application de la feuille d’or. La fabrication ne se déroulait donc pas toujours dans un monastère : à la fin du Moyen Âge, des ateliers urbains réunissaient copistes, enlumineurs et relieurs.
L’assemblage et la reliure
Une fois les cahiers terminés, ils étaient cousus entre eux sur des supports, puis fixés à des ais de bois. La couverture pouvait être recouverte de cuir, de parchemin ou de tissu, avec des décors plus ou moins élaborés. Des fermoirs maintenaient parfois le livre fermé. L’ensemble de ce travail demandait beaucoup de temps et de compétences, ce qui explique le prix élevé de nombreux manuscrits, même si les livres courants étaient plus sobres et moins coûteux.

