Allaitait-on les bébés ?
Allaitait-on les bébés ?
Oui. Au Moyen Âge occidental, l’allaitement était la manière habituelle de nourrir les nouveau-nés et les nourrissons. La mère allaitait souvent elle-même son enfant, en particulier dans les familles modestes, où il était difficile de se passer de sa contribution quotidienne. L’allaitement fournissait une nourriture adaptée au très jeune enfant et constituait aussi un moment important de soins et de proximité.
Dans les familles aisées, il était fréquent de confier le bébé à une nourrice. Cette femme pouvait vivre dans la maison de la famille ou accueillir l’enfant chez elle. Le recours à une nourrice répondait à différentes raisons : la mère pouvait être malade, décédée, affaiblie par un accouchement ou par des grossesses rapprochées. Dans certains milieux, on estimait également que les obligations sociales de la mère rendaient l’allaitement moins pratique. Les pratiques variaient donc selon la condition sociale, la santé et les habitudes locales.
Des solutions de remplacement plus risquées
Lorsque le lait maternel ou celui d’une nourrice manquait, on pouvait donner au nourrisson du lait animal, des bouillies ou des préparations à base de pain et de liquide. Ces aliments étaient toutefois moins adaptés aux tout-petits et leur préparation ne permettait pas toujours d’éviter les contaminations. La survie des nouveau-nés dépendait ainsi fortement de la disponibilité d’une femme allaitante et des conditions d’hygiène. L’âge du sevrage n’était pas identique partout : il intervenait progressivement, lorsque l’enfant pouvait supporter d’autres aliments, selon les usages de la famille et de la communauté.

