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Quelles couleurs portait-on ?

Quelles couleurs portait-on ?

Au Moyen Âge occidental, on portait une grande variété de couleurs, même si leur disponibilité dépendait de l’époque, du lieu, du statut social et des moyens financiers. Les vêtements pouvaient être blancs ou écrus lorsqu’ils étaient simplement blanchis, mais aussi bruns, gris, noirs, rouges, jaunes, verts, bleus ou violets. Les teintes n’étaient pas toujours uniformes : elles variaient selon la qualité des fibres, les procédés de teinture et l’usure du tissu.

Des couleurs liées aux matières et aux teintures

Les nuances brunes, grises et écrues étaient courantes, notamment pour les vêtements en laine peu teints ou fabriqués à partir de fibres naturellement colorées. Le bleu pouvait être obtenu avec le pastel ou, selon les régions et les périodes, avec l’indigo. Les rouges provenaient de plusieurs colorants, dont la garance et certaines cochenilles, tandis que les jaunes pouvaient être produits avec la gaude, le genêt ou le safran. Les verts étaient souvent obtenus en combinant une teinture bleue et une teinture jaune. Les pourpres profonds et certaines nuances éclatantes restaient plus coûteux, surtout lorsqu’ils exigeaient des colorants importés ou des opérations complexes.

Il est donc inexact d’imaginer une population vêtue uniquement de tons ternes, tout comme il serait exagéré de voir partout des couleurs vives et luxueuses. Les élites pouvaient commander des étoffes finement teintes, parfois rehaussées de broderies ou de contrastes, tandis que les catégories plus modestes privilégiaient des textiles solides et des colorations moins coûteuses. Des règlements somptuaires ont parfois cherché à limiter certaines étoffes ou couleurs, mais leur application fut variable. La couleur exprimait ainsi autant les ressources disponibles que les goûts, les usages locaux et les normes sociales.

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