×
Dans

Comment affamait-on une ville assiégée ?

Affamer une ville assiégée consistait d’abord à l’isoler. L’armée qui l’encerclait établissait des camps, des lignes de surveillance et parfois des fortifications de terre ou de bois afin d’empêcher les habitants de sortir et les renforts d’entrer. Elle contrôlait les routes, les ponts, les gués et, lorsque c’était possible, les voies fluviales ou maritimes. Des patrouilles limitaient aussi les échanges clandestins avec la campagne environnante. Une enceinte incomplètement bloquée pouvait toutefois laisser passer des hommes, des animaux ou des convois, surtout de nuit ou par un terrain difficile.

Le contrôle des ressources

La famine était souvent préparée avant même l’arrivée de l’armée. Les assiégeants pouvaient ravager les récoltes proches, saisir le bétail, détruire ou emporter les réserves et empêcher les paysans d’approvisionner la place. Dans certains cas, ils construisaient des ouvrages pour surveiller les sorties et maintenir le blocus. Ils n’avaient cependant pas toujours intérêt à tout détruire : conserver des ressources pouvait permettre de nourrir leur propre armée ou de priver progressivement la ville sans provoquer une résistance immédiate.

À l’intérieur, les défenseurs rationnaient les céréales, le sel, l’eau et le combustible. Ils abattaient parfois les animaux de trait ou les bêtes inutiles, puis consommaient des aliments de moindre qualité. Le manque de nourriture s’accompagnait souvent de maladies, car la promiscuité, la faiblesse et l’accumulation des déchets favorisaient les épidémies. La faim ne produisait toutefois pas une reddition automatique : une garnison pouvait organiser des sorties, brûler les ouvrages ennemis, protéger des convois ou attendre une armée de secours. Le siège se terminait alors par la levée du blocus, une capitulation négociée ou, lorsque les réserves étaient épuisées, par la prise de la ville.

Auteur/autrice