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Comment gérait-on les déchets en ville ?

Au Moyen Âge, les déchets urbains étaient rarement pris en charge par un service unique et permanent. Leur gestion dépendait des coutumes locales, des autorités municipales, des seigneurs et des habitants eux-mêmes. Les ordures ménagères, les restes alimentaires, les cendres et les débris étaient souvent déposés dans des fosses, des cours ou des espaces réservés à proximité des habitations. Les matières organiques pouvaient aussi être récupérées pour nourrir les animaux, amender les terres ou alimenter certains artisanats.

Rues, fossés et cours d’eau

Les rues n’étaient pas toujours pavées et leur entretien restait inégal. Dans de nombreuses villes, les eaux de pluie et les eaux usées s’écoulaient dans des rigoles ou des caniveaux à ciel ouvert. Des règlements pouvaient interdire de jeter des détritus devant sa maison ou imposer le nettoyage des abords, mais leur application variait fortement. Les rivières et les fossés servaient parfois d’exutoires aux eaux sales et à certains déchets, ce qui favorisait les mauvaises odeurs et la pollution locale sans que les contemporains disposent des notions modernes de microbiologie.

Les excréments étaient recueillis dans des latrines, des fosses d’aisances ou des installations communes. Des vidangeurs intervenaient pour retirer ces matières, parfois réutilisées comme fertilisant, mais les débordements et les infiltrations pouvaient contaminer les sols et les points d’eau. Les boucheries, tanneries et autres métiers produisaient des déchets spécifiques, souvent très odorants ; ils faisaient donc l’objet de règles particulières ou étaient repoussés vers les marges urbaines. Ainsi, les villes médiévales n’étaient pas dépourvues de pratiques de nettoyage, mais celles-ci demeuraient fragmentaires, inégalement contrôlées et très éloignées d’un système moderne de collecte et d’assainissement.

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