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Mangeait-on du sucre ?

Oui, mais le sucre était rare et coûteux dans la plupart des sociétés médiévales occidentales. Il provenait principalement de la canne à sucre, une plante cultivée dans des régions chaudes du bassin méditerranéen, notamment en Sicile, dans le sud de la péninsule Ibérique et, plus tard, dans certaines zones contrôlées par les puissances chrétiennes. Sa production demandait beaucoup de main-d’œuvre et son transport sur de longues distances augmentait encore son prix.

Un produit réservé aux usages particuliers

Durant une grande partie du Moyen Âge, le sucre était surtout employé comme une denrée de luxe et comme un produit médicinal. Les traités de médecine le recommandaient parfois dans des préparations destinées à faciliter la digestion ou à administrer des remèdes. Dans les cuisines aristocratiques, il pouvait servir à adoucir des boissons, des sauces, des confiseries et certains plats, mais il ne constituait pas encore un ingrédient quotidien.

La majorité de la population utilisait plutôt le miel pour sucrer les aliments. Les fruits frais ou séchés, comme les figues, les raisins et les dattes lorsqu’elles étaient disponibles, apportaient également une saveur sucrée. À partir de la fin du Moyen Âge, la consommation de sucre progressa dans les milieux aisés grâce au développement de sa production et du commerce méditerranéen, sans pour autant devenir accessible à tous. Il faut donc éviter de projeter sur la société médiévale l’abondance de sucre des périodes modernes : on en mangeait bien, mais occasionnellement et surtout chez les plus riches.

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